"Toutes ces "Premières", qui ont ouvert les brèches, défriché les territoires, cheminé dans la carrière. Des femmes qui osent pour la première fois, franchissent des étapes pour toutes les autres. Les parcours de chacune sont des exemples, des modèles, des références pour les suivantes.
Charlotte Béquignon-Lagarde est la première femme magistrate française, installée à la Cour de cassation le 16 octobre 1946.
Née en 1900, elle est la première femme agrégée des facultés de droit, ayant dû demander à son époux l'autorisation de se présenter aux épreuves.
Elle est le symbole de la première application de la loi du 11 avril 1946 permettant à "l'un et l'autre sexe" de rendre la justice.
Madeleine Huot-Fortin réussi les épreuves d'accès à la magistrature en 1951.
Le Journal Officiel note la réussite de six femmes sur 106 candidates. "C'est dire l'hostilité qui s'exerçait alors à l'entrée des femmes dans la magistrature", commente t-elle.
Elle a témoigné de son exercice de juge dans les années 50, décrivant la misogynie ambiante, du Procureur de la République de Bordeaux qui considère que son arrivée peut engendrer "des désordres dans un milieu d'hommes", au Président qui s'exclame : "il fallait bien qu'il y ait au moins une femme dans un grand tribunal !".
Monique Mabelly, seule femme magistrate témoin d'une exécution capitale en 1977.
Doyenne des juges d'instruction à Marseille, elle est désignée pour assister à la dernière utilisation de la guillotine en France.
À l'issue, elle rédige un texte, sobre et descriptif, d'une écriture automatique et rapide, où elle décrit ce qu'elle a vu et ressenti.
Suzanne Challe a été la première femme Première Présidente, nommée en 1978 à la Cour d'appel de Nîmes.
La plus jeune femme conseillère de cour d'appel, a pris le soin d'écrire un texte de référence "Les françaises sous la toge" qu'elle a présenté lors d'une audience solennelle de rentrée de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence en 1969.
Nicole Pradain a été la première femme nommée Procureure Générale en 1981.
C'est la Cour d'appel de Riom qui reçoit cette première femme dont l'installation marque : "la totale effectivité de l'égalité des sexes dans la magistrature, instaurée par la loi du 11 avril 1946", dira le garde des Sceaux lors de son audience d'installation.
Simone Gaboriau est élue première femme présidente d'un syndicat de magistrats en 1982.
Militante du syndicat de la magistrature, né en 1968, elle s'interroge : "ai-je été élue quoi que femme ou parce-que femme ?".
Pendant quatre années, elle va incarner un positionnement exigeant auprès du premier Garde des Sceaux d'un gouvernement socialiste.
Myriam Ezratty est nommée première directrice de l'administration pénitentiaire en 1983, sur un "poste d'homme" comme elle le qualifiait elle-même.
Elle est aussi la première femme, Première Présidente de la Cour d'appel de Paris en 1988.
Simone Rozès a été la première femme Première Présidente de la Cour de cassation, nommée en 1984.
Pour la convaincre, le Ministre de la justice argumente sur le terrain du symbole paritaire et lui lance : "vous le devez aux femmes".
Noëlle Lenoir est nommée directrice de cabinet d'un Garde des Sceaux, première femme a accéder à cette fonction, en novembre 1988.
Elle constate les réactions à son arrivée, remarquant qu'elle est moins prise au sérieux, et qu'elle était confondue avec une secrétaire.
Après en avoir souri, elle reconnaît en avoir été agacée.
Michèle Bernard-Requin est la premère femme magistrate filmée, dans un documentaire réalisé par Raymond Depardon, devenu emblématique de la pédagogie judiciaire : délit flagrant en 1994.
C'est en 2004 qu'un second film lui est entièrement consacré, en tant que présidente de la 10ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris.
Elisabeth Guigou a été la première femme Garde des Sceaux nommée en juin 1997.
Convaincue que la féminisation des titres permet de lutter contre l'invisibilisation des femmes, elle veut être appelée Madame la Ministre.
Elle va porter la réforme constitutionnelle de 1999 qui indique : "la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux".
Chantal Arens a été nommée première présidente de la Cour de cassation le 6 septembre 2019, la deuxième à atteindre ce poste sommital du corps judiciaire.
C'est après un parcours exemplaire qui l'a fait présider le tribunal puis la Cour d'appel de Paris, qu'une femme exerce la triple responsabilité de première présidente de la Cour de cassation, présidente de la formation siège du Conseil Supérieur de la magistrature et de présidente du Conseil d'administration de l'École Nationale de la magistrature.
Michèle Giannotti est la première femme nommée présidente d'un tribunal, le 20 octobre 1970.
La caractéristique de Michèle Giannotti est de réaliser un parcours professionnel et de ne pas en rester à une seule nomination : de présidente à première présidente.
En effet, elle présidera deux tribunaux (Melun et Evry-Corbeil), avant de devenir première présidente de la Cour d'appel d'Angers, à 54 ans.
Georgette Chaillot-Nikolitch est l'une des premières magistrates engagées sur le terrain de l'insertion et du suivi des condamnés.
Après 17 années au barreau de Paris, le 16 mai 1946, elle est l'une des premières avocates à demander son intégration dans la magistrature.
Les premières ébauches du système de probation suscitent immédiatement son intérêt. Elle deviendra membre d'un des premiers comités d'assistance et de placement des libérés.
Suzanne Régnault-Gousset est la première femme lauréate de l'examen d'entrée dans la magistrature.
A 32 ans, alors qu'elle est attachée stagiaire aurpès du tribunal civil de Nancy, elle se prépare à présenter les épreuves de l'examen professionnel d'entrée dans la magistrature.
Par arrêté du 12 octobre 1946, 160 candidats sont admis à subir les épreuves : elle est la seule femme.
Elle passe les épreuves et par décret du 18 décembre 1946, elle devient la première femme "déclarée apte aux fonctions judiciaires".
Dominique Lottin est la première femme directrice des services judiciaires.
Après un premier poste de juge à Arras en 1982 suivi d'une carrière enrichissante en tant que juge, elle devient inspectrice des services judiciaires en 2001 puis nommée directrice des services judiciaires. C'est la première femme à occuper ce poste.
En 2017 elle est nommée membre du Conseil constitutionnel.
Marie-Françoise Lebon-Blanchard est la première présidente de l'association Femmes de Justice.
Elle arrive à l'Ecole Nationale de la Magistrature en 1977.
Forte de son parcours juridicitonnel et ayant envie de nouveaux horizons, elle rejoint l'inspection général des services judiciaires. Elle y trouve un lieu de réflexion et se penche sur la question de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Dans ce contexte elle crée l'association Femmes de Justice en 2014.
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